#2 - SUITE RABBINIQUE
Qu’on
le respecte ou qu’on se moque de lui le rabbin joue un rôle important
dans la vie juive. Nous avons groupé ces 4 chansons bousculent
amicalement les Rabbins et soulignent pour 3 d’entre elles l’importance
du rôle de la musique.
Sha Shtil
Sha shtil, makht nit kayn gerider
Der rebbe geyt shoyn tantzn vider
Sha shtil, makht nit kayn gevalt
Der rebbe geyt shoyn tantzn bald
Un az der rebbe tanzt, tantzn mit di vent
Lomir ale pliaskn mit di hent
Un az der rebbe tanzt, tantzt dokh mit der tish
Lomir ale tupn mit di fis
Un az der rebbe zingt, dem heylign nign
Blaybt der Sotn a toyter lign
Elimelekh
Az der Rebbe Elimelekh - Iz gevorn zeyer freylekh
Iz gevorn zeyer freylekh Elimelekh
Hot er oysgeton di tfiln - Un hot ongeton di briln
Un geshikt nokh di fiddlers di tzvey
Un di fidledike fiddlers, hobn fidldik gefidlt
hobn fidldik gefidlt hobn tzvey
Az der Rebbe Elimelekh - Iz gevorn gor shtark freylekh
Iz gevorn gor shtark freylekh Elimelekh
Hot er oysgeton dos kitl - Un hot ongeton dos hitl
Un geshikt nokh di tsimblers di tzvey
Un di tsimbldike tsimblers, hobn tsimbldik getsimblt
hobn tsimbldik getsimblt hobn tzvey.
Motenyu
Bom bom …
Zogt der rebe reb Motenyu, a gut morgn dir Gotenyu
Der tog iz heys di milkhome iz shver, nor men lozt nit aroys dos gever
Oy tzadikim, tsadikim geyen bom
Oy reshoyim, reshoyim faln
Bom bom …
Zogt der rebe reb Motenyu, a gutn erev dir Gotenyu
Der tog iz avek, ikh hob altz gemakht, gib mir a gute nakht
Oy tzadikim….
Ven der rebbe
Ven der rebbe tanst (2)
Tantsn alle Khassidim (2)
Laï-laï-laï….
Ven der rebbe lakht
Ven der rebbe shluft…
Ven der rebbe zingt…
Sha Shtil
Chut, plus de bruit, le rabbin va danser encore
Chut, plus de bruit, le rabbin va bientôt danser
Et quand le rabbin danse, les murs dansent aussi
Allez, frappons dans nos mains
Et quand le rabbin danse, même la table danse
Allez, tapons des pieds
Et quand le rabbin chante le chant sacré
Satan en meurt!
Elimelekh
Quand le rabbin Elimelkh est joyeux
Il enlève ses tefillin, il met ses lunettes
Et il fait venir 2 violonistes
… Et les violonistes “violonent”
Quand le rabbin Elimelkh est en extase
Il enlève sa tenue solennelle, il met son chapeau
Et il fait venir 2 cymbalistes
… Et les cymbalistes “cymbalent”
Motenyu
Bom bom
Le petit rabbin Motenyu dit, Bonjour mon cher D-ieu à moi
La journée est torride, la lutte est difficile
O vivent les sages et à bas les méchants
Bim bom
Le petit rabbin Motenyu dit, Bonsoir mon petit Dieu à moi
La journée est finie, j’en ai beaucoup fait, donne-moi une bonne nuit
O vivent les sages et à bas les méchants
Bim bom…
Ven der rebbe
Quand le rabbin danse (2) Dansent tous les Khassidim
Quand le rabbin rit….
Quand le rabbin dort…
Quan le rabbin chante…
#3 - LE PETIT JUIF
(Paroles et musique de Danielle Messia)
Danielle
Messia était une chanteuse française des années 1980,
auteur-compositeur-interprète très prometteuse, mais qui a été emportée
par une leucémie fulgurante à l’âge de 28 ans. Elle a enregistré 3
albums.
Cette
chanson a paru dans son tout premier CD qui a été détruit avant d’être
mis sur le marché en raison des ententes avec le producteur qui a
travaillé avec elle à partir de ce moment-là. Cette chanson m'a
toujours émue en raison de sa simplicité et parce que j'éprouve
souvent, la joie teintée de mélancolie, le sourire au milieu des
larmes...
Si un beau jour tu passes par ici
N'oublie pas de t'arrêter
Et ne prends pas garde au désordre de mon logis
Peuplé de rêves entortillés
Je t'ouvrirai la porte de mon coeur
Je chanterai des chansons
Et pardonne-moi si par quelque malheur
Il pleut sur le toît de ma maison
Dans mon coeur, dans mon coeur
Danse et chemine, court et trottine
Dans mon coeur, dans mon coeur
Danse un petit Juif et son sourire est un peu triste
Je te ferai asseoir tout près du feu
Et tu me raconteras
Tes questions, tes désirs, enfin tout ce que tu veux
Et qui pèse bien trop lourd pour toi
Tu accepteras la tasse de thé
Que l'on offre à l'étranger
Et pardonne-moi je ne peux rien y faire
Si chez moi le sucre est bien amer.
Je t'accompagnerai si tu le veux
Nous deviendrons des amis
Mais prends bien garde à toi ami qui veux être heureux
Ma joie s'appelle mélancolie
#4 - FEL SHARA
Cette
chanson est probablement d’origine turque bien que chanté dans tout
l’est et le sud de la Méditerranée, et a été “recyclée” dans le début
du 20e siècle en une historiette comique dont le propos est d’illustrer
le mélange des langues qui se produisait dans les ports de la
Méditerranée où de multiples nationalités se rencontraient et devaient
trouver le moyen de communiquer. Certains appellent ce type de langage
“lingua Franca”, certains musicologues appellent ce type des chansons
des “chansons macaroniques”.
Fel shara canet betet masha
La signorina aux beaux yeux noirs
Come la luna était la sua facia
Qui éclairait le boul’vard
Velevo parlar shata metni
Because her father was à la gare
Y con su ombrella darabetni
En réponse à mon bonsoir
Perque my dear tedrabini
Cuando yo te amo kitir
And if you want tehebini
Il n’y a pas lieu de nous conquérir
Totta la notte alambiki
Et même jusqu’au lever du jour
And ev’ry morning ashtanaki
Pour le voeu de notre amour
Elle marchait dans la rue
La fille aux beaux yeux noirs
Comme la lune était son visage
Qui éclairait le boulevard
Je voulais lui parler mais elle m’a injurié
Car son père n’était pas loin, à la gare
Et elle m’a battu avec son parapluie
En réponse à mon bonsoir.
Pourquoi me bats-tu ma chérie
Alors que je t’aime tant
Et si tu veux me montrer ton amour
Il n’y a pas lieu de nous conquérir
Toute la nuit je t’attendrai
Et même jusqu’au lever du jour
Et chaque matin ensuite
Pour le voeu de notre amour
#5 - ARUM DEM FAYER
Cette
chanson d’origine judéo-polonaise était populaire dans les années 1930
tant en Europe qu’en Amérique du Nord. Nous l’avons terminée avec un
petit air klezmer, une Doïna roumaine.
Arum dem fayer, mir zingen lider
Di nakht iz tayer men vert nit mider
Un zol der fayer farloshn vern
Shaint oyf der himl mit zayne shtern
To kroint di kep mit blumen krantzen
Arum dem fayer mit freylekh tantzn
Vayl tants un lid iz unzer lebn
Dernokh in shlof khaloymes shvebn
Autour du feu de camp, nous chantons des chansons
La nuit est belle, et nous ne sommes pas fatigues
Quand le feu s’éteint, le ciel brille de toutes ses étoiles
Alors mettez des couronnes de fleurs sur vos têtes et dansez gaiement autour du feu
Car notre vie est de danser et chanter et de tisser nos rêves dans le sommeil.
#6 - MAGUEN HOSSIM
Texte du XVIIe ou XVIIIe – musique Hélène Engel
Cette
chanson de Mardochée Astruc (1656-1698 - rabbin de l’Isle sur Sorgue)
vient d’une communauté juive qui vivait dans le comtat venaissin
(environ l’actuel département du Vaucluse en Provence – France du XIVe
au XVIIIe siècle) protégée par le Pape qui en tirait profit par les
taxes qu’il en exigeait… mais qui les a gardés en vie. La chanson
appartient à un ensemble de pièces dites farcies car elles font
alterner le provençal et l’hébreu, retrouvées par Moshé Lazar et dont
Frédéric Vouland* a tenté de reconstituer les musiques et la
prononciation d’époque. Tout l’art est de faire rimer les deux langues,
d’où certaines licences prises avec la grammaire ou des raccourcis qui
mettent en danger la compréhension. C’est un chant de circoncision qui
fait allusion à l’histoire d’Abraham dans la bible. Il y a 2 couplets
de plus dans le texte original.
C’est
un texte exceptionnel, ancien, et rare, car on n’a retrouvé que 9
chansons farcies de cette communauté et les musiques sauf une se sont
perdues. J’ai composé la musique dans le style provençal de l’époque.
* Frederic Vouland est un écrivain Provençal actuel.
1) MAGUEN HOSSIM
Quand se fison en èu
OSSE NISSIM
Li tiro dou panèu
ABRAAM HAIVRI
Soun grand favouri
HITSILO MEHOUR KASDIM
Part tout aussitôt
MIBET MOLADTO
Vai in terro dei Hittim
2) DAM BERITO
Coumando a Aouram
OULKHOL BETO
Dou piquié jusqu’au grand
NA HIT AKHLEKH TAM
Ben qu’as nouvant’an
HIMOL KOL YELID ZAKHAR
Ti veiras dou ben
OULE SARAH BEN
Ismael sera a part
3) YADOU HEM
Vount’ero Sarah
VAYOMAR KEN
Un fièu enfantara
VATITSKHAK SARAH
Coum’aco sera
EN LI ORAKH KANASHIM
Diéu la counsoulè
KI LO YI DALE
L’an que ven sara ansin
4) KHAÏ OLAMIM
L’enfant que na eici
YARBE YAMIM
Afin dou circounci
YAADIT TORAH
Dieu lou benira
SHALOM YENI BE YAMAV
Leu n’en bastira
BET HABEKHIRA
OSSE SHALOM BIMROMAV
PROTECTEUR DES FAIBLES
QUAND ON SE FIE À LUI
FAISANT DES MIRACLES
IL NOUS SORT DE LA NASSE
ABRAHAM L’HÉBREU
SON GRAND FAVORI
IL LE SAUVA D’UR CASDIM
IL PART TOUT AUSSITÔT
DE SA MAISON, DE SA PATRIE
IL VA EN TERRE DES HITTIM
LE SANG DE TON ALLIANCE
COMMANDE À ABRAHAM
ET À TOUTE SA MAISON
DU PETIT JUSQU’AU GRAND
IL VIVAIT INNOCENT
MALGRÉ TES 90 ANS
CIRCONCIS TOUS LES MÂLES
TU EN VERRAS DU BIEN
ET SARA AURA UN FILS.
ISMAEL SERA À PART.
ILS SAVAIENT BIEN
OÙ ÉTAIT SARA
IL DIT “OUI!
TU ENFANTERAS UN FILS
ET SARA RIT
COMMENT CELA SERA?
JE N’AI PLUS MES RÈGLES!
DIEU L’A CONSOLÉE,
QU’ELLE NE S’ÉTONNE POINT!
IL EN SERA AINSI L’AN PROCHAIN
PAR L’ÉTERNEL DU MONDE
L’ENFANT QUI EST NÉ ICI
VIVRA DE LONGUES ANNÉES
AFIN DU CIRCONCIS
FERA (FAIRE) HONNEUR À LA LOI
D-IEU LE BÉNIRA.
IL CONNAITRA UNE VIE PAISIBLE
VITE IL Y BÂTIRA
LA MAISON DE L’ELECTION
CELUI QUI FAIT LA PAIX AU CIEL.
#7 - CUANDO EL REY NIMROD
Cette
chanson raconte la naissance d’Abraham. Nous nous arrêtons à 3
couplets, juste avant l’accouchement mais la chanson est très longue.
Une des curiosités de cette chanson est que la version que nous vous
présentons est très récente (folkloriquement parlant), 1937, mais
qu’elle est devenue une des chansons préférées du Répertoire
Judéo-espagnol. À mes oreilles, elle sonne comme les chansons séfarades
d’origine marocaine.
Cuando el rey Nimrod al campo salia
Mirava en el cielo y en la estrelleria
Vido luz santa en la djuderia
Que havia de nacer Avraham Avinu
Avram Avinu, Avram Avinu
Padre bendicho luz de Israel
Lugo a las cumadres le encomendavan
Que toda mujer prenada quedava
Y si hijo pariere al punto lo mataron
Que havia de nacer Avraham Avinu
La mujer de Terakh quedo priata
Dia en dia el le preguntava
De que tienes la cara tan demudada
Ella savia el bien que tenia
LE ROI NIMROD
Quand le roi Nimrod sortit se promener
Il regarda le ciel et les étoiles
Il vit une lumière sacrée dans le quartier Juif
Car Avraham Avinu (notre père) devait naître
Avram Avinu, Père chéri
Père béni, lumière d’Israel
Alors on a a dit à toutes les femmes enceintes
D’essayer de ne pas accoucher
Car si un fils naissait, il serait tué aussitôt
Car Avrahamm Avinu devait naître
La femme de Terakh était enceinte
Chaque jour il lui demandait
Èt pourquoi as-tu cet air?”
Elle savait le trésor qu’elle portait.
#8 - SHALOM RAV
J’ai
la joie de chanter occasionnellement comme soliste cantoriale au Temple
Emanu-El-Beth Sholom de Montréal. Bien que mes relations personnelles
avec D-ieu soient un peu lointaines, ou peut-être à cause de ça, cette
prière m’a touchée car j’élargis “Israel” à toute l’humanité en besoin
de paix. J’ai eu envie de composer un air pour ce texte ainsi que pour
remercier le Temple qui me donnait l’occasion d’être à cette place
privilégiée. Mon amie, ma soeur de coeur, feue Sylvie Brajtman m’a fait
l’honneur de la mettre à son répertoire. Je lui dédie cette chanson.
Shalom rav al Israel amkha tasim le olam (2)
I : Ki ata hu melekh adon lekhol hashalom (2)
II: Vé tov enekha, lévarekh et amkha Israel
Vekhol et uvekhol shaah, bishlomékha (2)
O
Souveraine source de paix, accorde à ton people Israel une paix
durable. Qu’il te plaise de bénir Israel de ta paix en tout temps et en
tout lieu.
#9 - BEI MIR BISTU SHEIN
Cette
chanson vient du théâtre Yiddish. Elle a été popularisée par les Andrew
sisters et les Barry sisters. Elle est devenu un standard de Jazz au
point que bien des musicians ne connaissent pas son origine. C’est ce
qui m’a fascinée dans cette chanson, comment elle a su “prendre”, et
faire que chacun s’y reconnaisse.
Ven du zolst zain shvarts vi a tater
Ven du host oïgen vi bey a koter
Un ven du hinkst a bislakh, host hiltserne fislakh
Zog ikh dos art mikh nit.
Un ven du host a narishin shmaïkhl
Un ven du host a vaï tsuzius saïkhl
Ven du bist vild di Indianer, bist afilu a Galitsianer
Zog ikh dos art mikh nit
Zog mir vi es klers tu dos
Khvel dir tsogin bald farvos
Baï mir bistu shein, baï mir hostu khein
Baï mir bistu einer oyf der velt
Baï mir bistu git, baï mir hostu “it”
Baï mir bistu teirer fun gelt
Fil sheine meidlakh hobn shoïn gevolt nemen mikh
Un fun zey ale oys geklibn hob ikh nokh dikh
Même si tu étais aussi noire qu’un Tatare,
Même si tu avais des yeux de chat
Même si tu boitais un peu ou que tu avais une jambe de bois
Ça me serait égal
Et si tu avais un sourire un peu niais
Et si tu avais l’intelligence d’une dinde
Si tu étais sauvage comme une indienneune
Voire même une Juive de Galicie*
Ça me serait égal
- Dis-moi comment tu expliques ça?
- Je vais te dire pourquoi
Pour moi tu es la plus belle,
Pour moi tu es la plus gracieuse
Pour moi tu es unique au monde
Pour moi tu es bien, pour moi tu as tout
Pour moi tu es plus précieuse que l’or
Beaucoup de belles jeunes filles me voulaient
Mais parmi elles je n’ai choisi que toi
J’ai essayé d’expliquer “Bay mir bistu sheyn
Alors embrasse-moi et dis-moi que tu comprends.
Les
Galiciens (une region de Pologne) avait la meme reputation que le
Belges pour les Français ou les Terre-Neuvains pour les reste des
Canadiens… et les Canadiens pour les Etats-Uniens….
#10 - LOMIR ZIKH IBERBETN
Cette
chanson traditionnelle d’origine juive russe a été publiée pour la 1ère
fois en 1914 pour autant que l’on sache. Il y a nombreuses variations
dans l’ordre, le nombre et le texte des couplets, mais le message
essentiel est préservé: réconcilions-nous.
Lomir zikh iberbetn Nit shteyst bay der tir
Lomir zikh iberbetn kum arayn tsu mir
Lomir zikh iberbetn koyft a por marantzn
Lomir zikh iberbetn, lomir geyen tantzn
Lomir zikh iberbetn shtelt der samovar
Lomir zikh iberbetn zay-zhe nisht kayn nahr
Lomir zikh iberbetn genug shoyn zayn vi goyim
Lomir zikh iberbetn lomir shraybn tnoyim
Lomir Zikh Iberbetn
Réconcilions-nous! Ne reste pas à la porte, viens, rentre.
Réconcilions-nous! Achète-moi 2 oranges et allons danser
Réconcilions-nous! Allume sous le samovar et ne fais pas l’idiot(e)
Réconcilions-nous! Assez fait comme les Gentils, fiançons-nous.
#11 - JE SUIS LA CANNELLE ET LE CUMIN
Chanson inédite de Danielle Messia (paroles et musique) – Unpublished song from Danielle Messia
(voir aussi chanson #3 – Le petit Juif / See also song #3 The Little Jewish Man))
Danielle
Messia nous a laissé 3 albums mais aussi de nombreuses chansons
inédites dont celle-ci, qui est une de ses premières, écrite alors
qu’elle était encore très jeune (19 ans maximum). Elle ressentait très
fort sa double appartenance au monde Ashkénaze et au monde Sépharade
car sa mère était Polono-Française et son père Egypto-Soudanais…
Maintenant il est très fréquent d’avoir des parents originaires
d’horizons très différents, mais dans les années 1970 ce n’était pas si
commun et pas si facile à vivre, n’étant jamais assez l’un et toujours
trop l’autre au goût de chacun. J’ai vécu ça aussi et le vis encore.
Je suis la cannelle et le cumin
Je suis la menthe et le raifort
J'ai un passé dans chaque main
A gauche le sud à droite le Nord
J'ai une racine à chaque pied
L'un parle Yiddish et Polonais
Toi qui es moitié de moi-même
Laisse-moi te dire combien je t'aime
Dans une p'tite maisonnette
Y'a mon grand-père qui s'entête
À r'garder les flammes du feu
Les rouges et puis les bleues
Oy vey, Oy vey! Oy je m'étais endormie
Et je pense à toi grand-mère Qui me chante Ay lu lu
Je suis la cannelle …. à droite le Nord
J'ai une racine à chaque pied
L'autre pied m'est un peu étranger
J'comprends pas toujours son langage
Oui mais je sais qu'il est très sage
Orient! Orient millénaire
Du désert à la mer
Tu coules dans mon sang
Sur ma route est l'olivier
Mes moutons sont tous blancs
Et ma couche est parfumée
De myrthe et d'encens
Je suis la cannelle … à droite le Nord
J'ai une racine à chaque pied
L'un va clopin l'autre clopant
Mais toujours ils vont du même côté
Du côté du soleil levant. (3)
#12 - SAPOZHKELEKH
Cette
chanson traditionnelle juive Ukrainienne est redevenue très populaire à
partir des années 1985, après que Michael Alpert l’ait collectée auprès
d’une émigrée russe, Bronya Sakina, et enseignée dans un Klezcamp.
L’expression “poignée sans porte” chez les Francophones, se dirait
plutôt “ porte sans poignée”, voire “serrure sans clef”, ouvrant par là
tout un monde d’association d’idées…. très “French style”.
Farkoyfn di sapozhkelekh - Un foren oyf di droshkele
Abi mit dir in eynem tsu zayn
Oy ikh on dir, un du on mir, vi a klyamke on a tir
Ketsele, feygele mayn
Tarararay, tarararay …
Oy forn oyf di vokzalekhlekh - Un farkoyfn fremde shalekhlekh
Oy esn on a tishele - un shlofn on a kishele
Oy shlofn on di vokzalekhlekh, - un vashn fremde polekhlekh
Sapozhkelekh
Je vendrai mes bottes et voyagerai en fourgon de fret, juste pour être avec toi
Oh, moi sans toi et toi sans moi, on est comme une poignée sans porte,
Mon petit chat, mon petit oiseau
J’irai vendre des châles dans les stations de chemin de fer, juste…
Je mangerai sans table, je dormirai sans oreiller, juste…
Je dormirai dans les stations de chemin de fer et je laverai par-terre, juste…
#13 - MIPI EL
Cette
chanson est une de mes préférées depuis longtemps. D’une part je trouve
la musique très jolie, d’autre part j’aime la candeur de ce texte qui
décline sur tous les tons: D-ieu y’a pas mieux que toi.
Chorus : Mipi el u mipi el, Yevorakh kol Yisrael
En Adir kadonay, vé en Barukh keven am'ram
En gedola katorah, ve en darshaneha ke Yisrael
En hadur kadonay, vé en vatik keven am'ram
En zaka katorah, ve en khakhameha ke Yisrael
En tahor kadonay, vé en yakhid keven am'ram
En kebira katorah, ve en lamdaneha ke Yisrael
En podeh kadonay, vé en tsaddik keven am'ram
En kedush katorah, ve en tomekheha ke Yisrael
Mipi El
De la bouche de D-ieu, bénédiction pour le peuple d’Israel
Nul n’est plus puissant que notre D-ieu
Et nul aussi loué que le fils d’Amram
Rien n’est aussi noble que la Torah
Personne ne cherche à la comprendre comme Israel
Nul n’est aussi splendide que notre D-ieu
Et nul aussi estimé que le fils d’Amram
Rien n’est aussi parfait que la Torah
Personne ne la déchiffre comme Israel
Nul n’est aussi parfait que notre D-ieu
Et nul aussi unique que le fils d’Amram
Rien n’est aussi merveilleux que la Torah
Personne ne l’étudie comme Israel
Nul ne nous pardonne comme notre D-ieu
Et nul n’est semblable au fils d’Amram
Rien n’est aussi saint que la Torah
Personne ne la suit comme Israel.
#14 - KESL GARDN
Castle
Garden était le lieu où accostaient les bateaux d’immigrants en face de
New-York, où ceux-ci étaient inspectés, mis en quarantaine et s’ils ne
plaisaient pas pour une raison ou une autre, ils étaient renvoyés.
L’auteur, un écrivain engagé décrit ce que vivent tous les émigrants
qui fuient la misère, que ce soit les Juifs au siècle dernier, ou les
Africains aux portes de l’Europe aujourd’hui, un espoir fou avant, la
peur de ne pas pouvoir entrer, puis la déception. Une mise en garde
sérieuse qui reste d’actualité.
Mit vey und shmartz
Vert iber felt mayn harts
Ven ikh gib oyf Kesl Gardn a blik
Vu mentshn milyonen
Fun farsheydene natsionen
Zitsn un troymen fun glik.
Ikh denk es oyf klor
Tsurik mit akht yor
Bin ikh dort gesesn aleyn
Gehoft un gelakht
Fun glik nor getrakht
Vi gut iz mir demolt geven.
In Kesl Gardn oyf yener zayt tir
Gefint ir dem grub fun mayn glik.
Un nor file kvorim a zelkhe on shir
Gefint ir vu ir git nor a blik.
Dokh gibn mir tsu
Az frayheyt un ru
Hobn mir do mer vi iberal.
Fun libe un fridn
Far kristn un yidn
Tsaygt zikh un do yetst a shtral.
Nor nemt oykh in akht,
Nit farshlept do di nakht,
Di finster fun der altn velt.
Di heymishe zam
Lost zinkn in yam
Un do zet nit shekhtn zikh fargelt.
Dan vet Kesl Gardn a lust gortn zayn
Un aykh vet men shatsn in land.
Dan vet men aykh yidn bahandlen do fayn
Farshvindn vet dumhayt un shand
Castle Garden
De peine et de douleur
Mon coeur est rempli
Lorsque je regarde Castle Garden
Où des millions de gens
De tant de nations différentes
Attendent et rêvent au bonheur.
Je me rappelle si bien
C'était il y a juste huit ans,
J'attendais là moi-même.
J'esperais, je riais
Ne pensant qu'au bonheur
Comme c'était bien...
A Castle Garden, une fois la porte passée
C'est la tombe de mes joies que vous découvrez
Et des tombes semblables, vous en trouvez
Beaucoup d'autres, où que vous posiez les yeux
Cependant
La liberté et la tranquillité
Nous en avons ici plus que partout ailleurs
L'amour et la paix
Pour les Chrétiens et les Juifs
Semble exister un peu maintenant.
Mais faîtes attention,
N'attirez pas ici la nuit,
Les ténèbres du vieux monde.
L'éternelle misère
Laisse-là sombrer au fond de la mer.
Et ne vous entretuez pas pour de l'argent
Alors Castle Garden deviendra un jardin de Délices
Et vous serez estimés dans ce pays.
Avec vous, Juifs, on se conduira bien
Alors disparaîtront l'ignorance et la honte.
Lyrics : M. Rosenfeld,
Music : M. Warshawsky
#15 - BUBLITSHKI
Cette
chanson traditionnelle est revendiquée par tout le monde. Les Russes
disent qu’elle est russe, les Juifs disent qu’elle est juive…. Et lors
d’un de nos derniers spectacles, une dame nous a dit que nous étions
tous dans l’erreur et que la chanson est, sans doute aucun, d’origine
arménienne. Nous ne prendrons pas partie, disons que la mélodie vient
de l’Est de l’Europe, quant au sujet, il est très international…. C’est
pour cela qu’on a choisi de mélanger les langues, passant du Yiddish
Ukrainien au Yiddish Américain en passant par le Russe et le Français.
Es rikt zikh on di nakht
Ikh gey arum farshmakht
Aroysgetriben mikh fun umetum
Kleyder tserisene Nit keyn gevashene
An oysgematerter Gey ikh arum
Oy oy oy bublitshki
Heysinke bublitshki
Di letste bublitshki
Kupitye bay mir.
Ikh shtey aleyn in gas
Fun regn ver ikh nas
Di letste bublitshki
Kupitye bay mir.
Kupitye bublitchki
Gariatshi bublitshki
Ganitie rublitshki
Siuda skariey
Mon père est toujours saoûl
Quand il rentre chez nous
Il nous donne des coups
Pendant des heures
Ma mère a des amants
Ma soeur tout simplement
Elle fait comme sa maman
Et moi je pleure
Oy oy oy bublitshki
Ach'tez mes bublitshki
Mes jolis bublitshki
Ils sont exquis
Que vous soyez marquis
Ou bien n'importe qui
Ach'tez mes bublitshki
Ils sont exquis
Mes beaux gâteaux dorés
Vous qui les adorez
Ach'tez mes bublitshki
Ils sont exquis
Oy koyft-zhe beygelekh
Frishinke beygelekh
Zet mayne eygelekh
Zaynen farbrent
Oy oy oy laytelekh
Git oyf potatelekh (**)
Un dos iz alles vos
Ikh hob gemeynt
Bublitshki
La nuit s'avance
Je marche toute affaiblie
Chassée de partout
Les vêtements déchirés
Et pas lavés
Epuisée
Je marche dans les rues
Oy oy oy bublitshki
Mes bublitshki tout chauds
Mes derniers bublitshki
Ach'tez-les moi
Je suis seule dans la rue
Mouillée par la pluie
Mes derniers bublitshki
Ach'tez-les moi
Mon père est toujours saoûl
Quand il rentre chez nous
Il nous donne des coups
Pendant des heures
Ma mère a des amants
Ma soeur tout simplement
Elle fait comme sa maman
Et moi je pleure.
Oy oy oy bublitshki
Ach'tez mes bublitshki
Mes jolis bublitshki
Ils sont exquis
Que vous soyez marquis
Ou bien n'importe qui
Ach'tez mes bublitshki
Ils sont exquis
Mes beaux gâteaux dorés
Vous qui les adorez
Ach'tez mes bublitshki
Ils sont exquis.
(Instrumental)
Ach'tez-moi donc mes beygelekh
Mes beygelekh tout frais
Voyez mes yeux
Ils sont tout rougis
Oy oy oy bonnes gens
Donnez-moi de quoi m'offrir de p'tites patates
Voilà tout ce que j'ai à vous dire.
#16 - OCHO CANDELICAS
Cette
chanson a été écrite par Flori Yagoda, artiste d’origine Yougoslave qui
fait un beau travail de transmission et d’enrichissement de la
tradition judéo-espagnole. Cette chanson est un autre des grands succès
au hit-parade Séfarade, bien des gens la croient traditionnelle.
Khanuka linda ‘sta aqui
Muchas candelas para mi Ay
Una candelica, dos candelicas
Tres candelicas, Cuatro candelicas
Cinco candelicas, Seis candelicas
Siete candelicas Ocho candelas para mi
Muchas fiestas voy hazer
Con alegria y plazer ….
Los pastelicos voy comer
Con almendricas y la miel….
Huit bougies
La belle fête de Khanuka est là
Beaucoup de bougies pour moi –Ay
1 bougie, 2 bougies, 3.. 4…, 5.., 6…, 7… 8 bougies pour moi.
J’irai à beaucoup de fêtes
Avec joie et plaisir
Je mangerai des gâteaux
Aux amandes et au miel
#17 - HELENE’S NIGUN
A
l’automne 2006 j’ai composé ce nigun pour la chorale de jeunes que je
dirigeais. Il m’est venu très rapidemement, pratiquement sous sa forme
actuelle. Il est encore en travail car nous ne l’avons joué qu’une fois
en public. Mais en feuilletant le recueil de chansons de mon défunt ami
Jacques Grober, j’ai trouvé un air qui ressemble beaucoup à la 2e
partie de ce nigun. Me l’aurait-il soufflé depuis… là où il est? En
tous cas, je lui dédie cette chanson.